Ernest et Célestine, Pi, Le Hobbit, Jack Reacher, Hushpuppy et Eminem

9 Jan

Tu l’auras compris, j’ai vu beaucoup de films ces dernières semaines. J’en ai même profité pour faire le grand écart entre des genres qui n’ont rien à voir.

Ernest et Célestine

* Ernest et Célestine (Benjamin Renner, Stéphane Aubier et Vincent Patar)

Vu le 24 décembre, histoire de me mettre dans une ambiance Noël, Bisounours, tout ça. Et ça a fonctionné, car ce petit dessin animé a un charme fou et m’a fait passer un excellent moment de magie et de fantaisie. Les dessins sont très beaux, la plume et l’aquarelle contribuant à l’installation d’une certaine douceur, avec ces teintes pastel, ces tracés ronds et doux. Je ne connaissais pas les livres pour enfants de Gabrielle Vincent, mais un seul visionnage de la bande-annonce m’a décidée. Aussi bien d’un point de vue graphique que de l’histoire, cette œuvre avait tout pour me séduire. En plus, avec Daniel Pennac au scénario, je dis banco ! J’attends d’ailleurs l’adaptation d’Au Bonheur des Ogres avec impatience. On reconnaît à peine la voix de Lambert Wilson au doublage d’Ernest, mais elle fonctionne à merveille. Idem pour la gamine qui donne vie à Célestine : comme petite souris chipie et pleine de ressources, elle est impeccable. J’ai particulièrement apprécié l’installation de cette amitié improbable entre deux laissés pour compte, l’absurdité des règles et des préjugés dans leurs deux mondes respectifs. Malgré quelques facilités de scénario à la fin (scènes de procès), l’ensemble fonctionne parfaitement et, quel que soit son âge, on se laisse emporter bien volontiers dans les facéties des deux héros. D’ailleurs, quand je suis allée voir le film, il y avait bien plus d’adultes que d’enfants dans la salle. Le vieux monsieur assis à côté de moi a eu l’air d’apprécier la naïveté de mes réactions. Pendant un peu plus d’une heure, en effet, nous avons tous laissé quelques décennies dans notre musette. Alors n’hésite pas : si on le joue encore près de chez toi, offre-toi ce petit plaisir coupable en ce début d’année.

Life of Pi

* L’Odyssée de Pi (Ang Lee)

Nouvelle virée ciné avec mon ami G. Il faut croire que nous sommes abonnés aux films chelou. Si tu as vu le film ou ne serait-ce que la bande annonce, tu sais de quoi je parle. Réputé inadaptable, comme beaucoup d’œuvres adaptées au ciné, le roman de Yann Martel aurait trouvé ici un réalisateur à sa mesure. On pourra toujours reprocher choix artistiques ou scénaristiques lorsqu’une œuvre, quelle qu’elle soit, passe d’un support à un autre. N’ayant pas lu le roman, je ne peux que te livrer mes impressions sur le film. Tout d’abord, j’aime le cinéma de Ang Lee. Depuis mon premier contact avec ce réalisateur à part dans les années 1990 (Raison et Sentiment), en passant par les numéros de voltige et l’intrigue faussement simpliste de Tigre et Dragon, sans oublier les cowboys torturés de Brokeback Mountain, j’ai souvent eu l’occasion d’apprécier la prise de risques, l’audace d’un maître qui sévit systématiquement là où on ne l’attend pas. Il récidive avec L’Odyssée de Pi, un choc visuel assurément, mais surtout une plongée dans le psychisme d’un jeune Indien peu ordinaire. Pourtant, son voyage intérieur et ses mécanismes mentaux ont une portée universelle. Pas de spoiler ici, simplement attends-toi à tomber de l’armoire à la fin du film. On embarque dans cette Odyssée ou pas, mais il faut vite larguer les amarres si l’on veut entrer dedans. J’ai eu la chance de monter sur le radeau illico, mais G me disait ne pas avoir accroché plus que ça, surtout au début du film. Visuellement, rien à redire : si les animaux en images de synthèse me faisaient craindre le pire dans le générique de début (on repérait sans mal les plans où ils supplantaient leurs cousins ‘réels’), la suite du film m’a vite rassurée. Richard Parker, le tigre du Bengale embarqué avec Pi (et qui lui fait passer de sacrés moments) est parfait : on se doute qu’il s’agit d’images de synthèse (le film aurait été impossible avec de vrais tigres, même très bien dressés), mais l’on n’y voit que du feu. Au fur et à mesure que Pi s’enfonce dans cette errance au milieu du Pacifique, on partage son sort car tout le film repose sur ses perceptions. Quand il commence à halluciner, à délirer, on voit le monde à travers ses yeux. Et c’est assez perturbant, je te prie de le croire ! Mais les images ont également une telle poésie qu’on ne sait plus où donner de la tête. Le film est assez lent mais cela sert parfaitement le propos : on sent bien la solitude et l’isolement croissants de Pi dans cette odyssée qui n’en finit pas.

En bref, j’ai beaucoup aimé ce film même si j’ai parfois trouvé le temps long. Ayant eu la chance d’adhérer d’emblée au propos sans me poser de questions, je me suis laissée entrainer là où le scénario voulait nous emmener malgré un spoiler lâché dans la presse spécialisée peu de temps avant le visionnage. C’est dire le talent de conteur d’Ang Lee et la portée de cette histoire.

Bilbo se met en route. Il était temps!

Bilbo se met en route. Il était temps!

* Le Hobbit : un voyage inattendu (Peter Jackson)

Alors là… Je ne sais pas trop ce qu’il s’est passé avec ce film. Normalement, je fais d’office partie du public cible et favorable, parce que je suis à la fois fan de Tolkien depuis l’enfance, et de Peter Jackson depuis l’adolescence. Comment se fait-il que je me sois autant ennuyée ? Certes, je n’ai pas vu le film dans les conditions idéales puisque c’était en VF : une aberration, mais avec mon amie L, nous ne nous sommes pas méfiées. Seulement, dans un cinéma de Province (Reims, en l’occurrence), la version par défaut n’est pas nécessairement la version originale. 1er vrai bémol donc, mais la faute revient entièrement à notre étourderie.

Ensuite, j’appréhendais ce Hobbit depuis que la presse avait signalé qu’il s’agissait du 1er volet d’une trilogie. Comme la plupart des fans, je m’étais posé cette question fondamentale : « Mais comment vont-ils faire 3 films à partir de Bilbo le Hobbit, un livre pour enfants ?!! » Autant pour le Seigneur des Anneaux, c’était logique, le contenu des romans étant incroyablement dense, mais pour Bilbo ? À tous les coups Jackson allait délayer la sauce jusqu’à plus soif. Et c’est exactement le ressenti que j’ai eu. D’où un ennui quasi-mortel pendant cette projection, auquel s’est ajoutée une sacrée frustration car il ne s’agissait pas des voix originales que je connais.

Thorin, incarné par le craquant Richard Armitage

Thorin, incarné par le craquant Richard Armitage

Comprends-moi bien, le casting est nickel : uniquement des visages familiers du paysage audiovisuel anglo-saxon, avec certains de mes acteurs préférés. Martin Freeman, découvert dans des rôles secondaires dans Love Actually et Hot Fuzz, puis adoré en auto-stoppeur galactique complètement ahuri dans H2G2 et en méchant vicieux mais mal entouré dans le délirant Petits meurtres à l’Anglaise. Hugo Weaving que j’aime d’amour depuis V pour Vendetta mais qui faisait une magnifique Folle du Désert, et un méchant efficace dans la trilogie Matrix. On ne présente plus  Ian McKellen, mais Richard Armitage, lui, mérite d’être abordé un peu plus en détails. J’ai craqué pour cet acteur lorsque je l’ai découvert dans la minisérie de la BBC North & South, inspirée du roman d’Elizabeth Gaskell, sorte d’Orgueil et Préjugé dans l’Angleterre victorienne et industrielle. Armitage y tenait le rôle principal de Mr Thornton, âpre et combatif propriétaire d’une usine de coton face à l’héroïne quelque peu naïve et idéaliste Margaret Hale. Entre les 2, ça faisait des étincelles façon Elizabeth Bennett/Mr Darcy et j’adore ce genre d’intrigues. L’interprétation d’Armitage était impeccable et laissait exploser son charme. En plus, il a une voix magnifique, grave, super classe et sexy (comme Hugo Weaving, d’ailleurs).

Richard Armitage en Mr Thornton dans North & South

Richard Armitage en Mr Thornton dans North & South

Tu imagines donc ma frustration avec la VF du Hobbit. Les rôles tenus par Richard Armitage dans des séries TV anglaises à grosse audience (notamment sa prestation très remarquée dans Robin des Bois où il incarne un Guy de Gisborne retors et sexy en diable) lui ont sans doute ouvert les portes de la reconnaissance internationale (et il était grand temps). Je me réjouissais donc de le voir au casting du Hobbit, parmi tous ces grands acteurs. Il y a toutefois une chose qui rend la VF supportable : le grand, l’inégalable Jean Piat double Gandalf.

Donc. Je me suis ennuyée ferme. Passé le plaisir de retrouver la Terre du Milieu, toujours aussi bien reconstituée sous la houlette de Peter Jackson, j’ai trouvé que le film traînait en longueur. Au bout de 30 minutes, les nains chantent toujours chez Bilbo, qui ne sait pas comment les foutre dehors et on aimerait bien lui suggérer 2 ou 3 stratégies histoire que tout ce beau monde se mette enfin en route ! Alors, dans leur épopée, on recroise les Elfes d’Elrond, un magicien brun complètement déjanté, Saroumane le pourri, Galadriel qui n’a rien à faire là si ce n’est ajouter une petite touche féminine dans un monde de brutes, beaucoup de monstres (trolls, gobelins…) et bien sûr Gollum à la fin. Et heureusement que la fin finit par arriver, parce que je n’en pouvais plus ! Il y a de l’action, certes, des effets spéciaux de dingue, des passages fidèles au roman (les trolls, la rencontre avec Gollum), mais au bout de 2 heures je n’avais qu’une envie : que ça finisse. Mon amie L le voyait pour la 3e fois, et je ne sais pas comment elle a tenu. Le charme du casting y est sans doute pour beaucoup. C’est certainement par affection pour les acteurs que je me suis cramponnée à certains moments.

Bon, j’irai voir les prochains opus, parce que fan de Tolkien, mais la seule chose que ce film (qui est bien réalisé, et visuellement nickel par ailleurs) m’ait vraiment donné envie de faire, à part dormir, c’est de relire le roman.

Jack Reacher

* Jack Reacher (Christopher MacQuarrie)

Pour ce film, il s’est produit l’inverse d’avec le précédent. Certes, je suis bien moins fan de Lee Child que de Tolkien et, après avoir découvert que Tom Cruise allait incarner Reacher dans l’adaptation, et une fois passée une sévère crise de rire (jaune), je n’attendais plus grand’ chose du film. J’ai eu tort. Comme tous ceux qui ont lu un bouquin de la série de Lee Child, j’ai crié au scandale. Comment ?! Cet avorton de Cruise allait interpréter Jack Reacher, montagne de muscles et de testostérone ?!!! Oh la blague ! Je n’aime pas Tom Cruise, en plus. Comme beaucoup de gens, certes… même s’il faut bien admettre que c’est un bon acteur. Au final, et l’aspect physique étant mis de côté, je me suis dit : « pourquoi pas ? » La bande-annonce m’avait redonné un peu d’espoir et, magie d’UGC illimité (l’impression de ne pas payer ta place), je me suis traînée au ciné. Et j’ai passé un très bon moment ! Même si le film n’est pas le chef d’œuvre du siècle, il a tous les ingrédients d’un bon polar et on retrouve quand même l’esprit du roman de Child : scène d’intro choc, ambiance sombre,  héros grincheux et se foutant du règlement, humour noir, intrigue bien ficelée, scènes d’action sympathiques, pas trop d’effets spéciaux. Contente de ne pas être passée à côté, finalement.

Les Bêtes du Sud sauvage

* Les Bêtes du Sud sauvage (Behn Zeitlin)

J’attendais ce film avec impatience depuis des semaines et le 1er visionnage de la bande-annonce. Les critiques étaient élogieuses, l’univers avait l’air décalé et magico-réaliste comme j’aime, la gamine qui interprète Hushpuppy (Quvenzhané Wallis – pas essayé de le dire à voix haute) crève l’écran. Il faudrait être aveugle ou de très très mauvaise foi pour dire le contraire. Elle insuffle une énergie folle à cette histoire baroque et tragique. L’enfant est à la fois trop vieille pour ses années mais continue à voir le monde à travers un prisme de magie et d’innocence (d’où, je pense, l’irruption des aurochs). Le film commence avec la fête chez ces rebus de la société américaine installés depuis des générations dans la crasse du Bayou. Leur vie, quoiqu’anticonformiste et en marge du monde civilisé, est dépeinte comme une joyeuse et insouciante affaire. Tout bascule avec la tempête, et la maladie du père d’Hushpuppy. Il y a, derrière le tableau social, un discours un peu trop appuyé sur l’équilibre des choses et des écosystèmes qui m’a paru un peu beaucoup tiré par les  cheveux, surtout quand on place ce discours dans la bouche d’une gamine de 6 ans. Ça m’a un peu gonflée.

Euh... Hushpuppy? Ne te retourne pas, il y a un cochon géant derrière toi!

Euh… Hushpuppy? Ne te retourne pas, il y a un cochon géant derrière toi!

De très loin, ce que j’ai préféré dans ce film, c’est une forme de ‘réalisme magique’ à la Garcia Marquez qui fait qu’on arrive à entrer dans l’histoire malgré un certain malaise dont je n’ai pas réussi à me débarrasser et dont je ne saurais isoler les raisons précises.

Dans l’ensemble, j’ai passé un bon moment de cinéma mais n’ai pas vu le chef d’œuvre qu’on a essayé de nous vendre.

Eminem dans une Rap Battle

Eminem dans une Rap Battle

* 8 MILE (Curtis Hanson)

Moi, écouter Eminem ?! Regarder son film ?! Jamais de la vie !

Hum hum… Tu te rappelles de l’adage ‘Il ne faut jamais dire jamais’? Patatra !

En arrêt maladie et mourant d’ennui et de fatigue à la maison, je me suis enchaîné plein de documentaires sur la musique, dont un consacré à Eminem. Contre toute attente, j’ai trouvé cette vidéo passionnante et ça m’a donné envie d’en apprendre davantage sur la musique et l’univers d’Eminem. Je ne m’étais jamais demandée qui il pouvait vraiment être, me contentant de rejeter en bloc toute la culture Rap et Hip Hop et de croire les médias bien pensants qui diabolisaient systématiquement Mr Marshall Mathers.

À bientôt 35 ans, je me suis pris une bonne claque et cet épisode m’a réappris une chose essentielle : il faut toujours se méfier de ses certitudes. Et que même quand tu te crois ouvert(e) d’esprit, tu te laisses parfois limiter par tes préjugés et ton ignorance. Une claque, donc. Mais n’étant pas du genre à rester longtemps sur mon popotin, je me suis enfin penchée avec curiosité sur le cas Mathers. Et ce mec est vraiment un cas ! Surdoué, montrant une maîtrise absolue de la langue au même titre qu’un poète. Je me souviens d’un MC Solar, par exemple, même si le Français était un brin plus… politiquement correct.

Et justement ! Eminem m’a toujours fait peur car les journalistes le disaient irrévérencieux, homophobe, vulgaire, agitateur et une mauvaise influence pour la jeunesse. Bref, en complète opposition avec mes valeurs. Heureusement que ce documentaire m’a ouvert les yeux. Oui, Eminem s’est créé un personnage ou alter ego odieux, Slim Shady : raciste, homophobe, il tire tous azimuts sur les codes et les représentants de la pensée bien pensante aux USA. Et c’est ça que j’aime le plus chez lui, outre son incroyable talent pour manier la langue : ce mec parvient à débusquer et à dégommer tous les clichés, toutes les hypocrisies d’une société américaine qui se voile la face, se ment et étouffe ses minorités dans une indifférence et une injustice totales. C’est central, je pense, dans le propos d’Eminem, surtout au début de sa carrière.

La grosse question que je me pose depuis plusieurs jours est la suivante : comment ces abrutis de journalistes américains, les porte-paroles des ligues anti-homophobie, anti-racisme, les porte-étendards du conservatisme, les avocats de l’Amérique WASP peuvent-ils croire une seule seconde qu’Eminem est raciste ou homophobe, qu’il adhère à titre privé aux horreurs qu’il insuffle dans ses chansons ? N’ont-ils aucune notion du second degré ? N’ont-ils pas compris que l’artiste crée souvent un double démoniaque pour dénoncer tous les dysfonctionnements de la société, et qu’il ne faut jamais, jamais prendre ce qu’il écrit/chante/peint pour argent comptant ? Slim Shady dispose d’une liberté d’expression totale dont il profite pour torpiller tous les non-dits made in USA, liberté d’expression dont Marshall Mathers en tant qu’individu réel, en tant que citoyen, ne dispose pas tout à fait.

Bref, intriguée par Eminem et l’univers qu’il a construit, je me suis décidée à regarder 8 MILE, sorte de biopic précoce (l’artiste en était encore au début de sa carrière en 2002), sur mes gardes car je ne connais rien au monde et aux règles du Hip Hop. Mais j’ai été prise dans la lente et difficile ascension de Jimmy B. Rabbit, issu d’une famille white trash de Detroit. Je m’attendais à un truc bling bling, genre super réussite hollywoodienne avec une fin improbable. Et ben pas du tout ! Le film est beaucoup plus âpre et dur, et se termine avec une belle victoire, mais dans des proportions fort modestes (une rap battle locale). Et autre surprise : Eminem joue très bien. Certes, il joue sa propre vie (romancée, j’imagine), mais cela ne signifie pas que la chose soit nécessairement facile.

Et la bande son ! Énorme ! Un bon moment de cinéma, qui met un petit coup de projecteur sur un univers complètement hermétique pour moi.

Bien inspirée sur ce coup-là ! Depuis, Curtain Call, le 1er Best Of du rappeur blanc, tourne pas mal à la maison.

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  1. TAG Winterlicious « L'Orpailleuse de Paname - 12 janvier 2013

    […] Vacances déjà passées : c’était 2 jours à Reims avec mon amie L, beaucoup de ciné et dodo au chaud. Pour les prochaines, encore rien […]

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