Ces trucs qui me font chialer à tous les coups

19 Déc

On reste sur le thème des yeux qui pleurent pour ce billet. Et comme je suis une nana un peu psychorigide, le prochain article sera une reviews de mascaras… Si, si, puisqu’on te le dit !

Bref…

Je t’ai déjà parlé du « Syndrome du Docteur Quinn ». Lorsqu’il me frappe, ce qui arrive assez fréquemment, je peux me retrouver à pleurer devant une publicité pour du shampooing, un spot de la SPA ou n’importe quelle création Disney. Et bien entendu, à ma grande honte, n’importe quel épisode du Docteur Quinn.

Or, il y a mieux (ou pire, c’est selon). Plusieurs choses, dont certaines remontent à mon enfance, sont des valeurs sûres pour me faire pleurer comme une Madeleine, ouvrir les vannes, exploser le barrage… bref, chialer. Certaines me sont personnelles, mais nombreuses sont universelles. À toi de voir si tu t’y reconnais un peu, beaucoup, à la folie… ou pas du tout.

Dès mes premières expériences en colonie de vacances (j’avais 8 ans), j’ai pu apprécier la cruauté des enfants. Il se trouve que nos monos nous avaient appris tout un tas de chansons, certaines gaies, d’autres super tristes… que des classiques. Dans le lot, deux chansons me faisaient (et me font toujours) chialer à tous les coups, toutes deux de Hugues Aufray (je le maudirais s’il n’était pas aussi génial). Bien entendu, ayant compris ma sensiblerie, les enfants de mes premières colos n’eurent de cesse d’entonner les mélodies en question pour me faire chouiner au réfectoire, dans le dortoir, en pleine partie de tèque… Petits cons !

*Le petit âne gris : je ne sais pas pour toi, mais que cette pov’ bête qui a trimé toute sa vie pour les hommes meure sans adieu dans son étable, je trouve ça dégueulasse. Sensible à toutes les injustices, je ne supporte pas l’idée que les hommes aient exploité ce charmant animal, dévoué, travailleur, pour le laisser crever tout seul. Nan, vraiment, ça ne passe pas. Je me suis souvent demandé si mes larmes n’étaient pas autant de colère que de tristesse.

Aufray Céline

*Céline : Aufray récidive, cette fois avec cette pauvre fille qui a renoncé à sa vie personnelle et à tous ses rêves pour élever des gamins qui n’étaient même pas les siens. Il se dégage une telle nostalgie de cette chanson, un tel sentiment de gâchis, que ça marche à chaque fois. Rien que d’y penser, j’en ai des trémolos dans les doigts. Parfois, même petite, j’avais aussi envie de la tarter, la Céline. C’est vrai, franchement, quelle idiote d’avoir sacrifié sa vie, son fiancé pour ces marmots ! Elle aurait peut-être pu tout avoir, non ?!

*Prendre un enfant par la main (Yves Duteil). Alors celle-là ! Ma mère pourrait te raconter les états dans lesquels je me mettais dès que j’entendais les premières notes. Punaise, ça remonte à loin mais je m’en souviens encore. Avec le recul, et maintenant qu’elle ne me fait plus aucun effet (contrairement aux autres dont il est question ici), je ne comprends vraiment pas pourquoi. C’est comme ça.

N°9 Karajan

*La N°9 : Outre les chansons, dès l’enfance, une autre valeur sûre était l’Ode à la Joie. Ouais, la symphonie de Beethoven. Et ça marche du feu de Dieu, j’aime autant te le dire. Je pense avoir traumatisé tous les gens qui étaient assis autour de moi la dernière fois que j’ai eu l’inconscience d’aller l’écouter en concert. Pleurs, reniflements, sourires gênés, yeux qui pétillent, rougeurs, frissons : la totale. Pire que si j’avais la grippe avec 40 de fièvre. Ce truc, c’est un orgasme musical assuré, mais aussi une forme de torture. Rien à voir avec la tristesse ou la colère ressenties avec les chansons précédentes. Non, là, c’est tellement beau que c’en est douloureux. Du coup, tu t’imagines bien que je ne l’écoute pas souvent, cette fichue symphonie : 1 à 2 fois par an, et désormais toujours quand je suis seule… histoire de ne faire flipper personne.

Barney

*Un enfant de toi. Pour celle-là, c’est Phil Barney qui s’y colle. Je ne l’ai pas découverte immédiatement à sa sortie en 1987, mais adolescente, en écoutant l’album Recto-Verseaux chipé dans la collection du beau-père. Roooh la claque ! C’est bien simple, je ne pouvais pas m’empêcher d’y penser. Comme les autres chansons (sauf la symphonie), même plus besoin de l’écouter pour qu’elle fasse son effet : j’y pense dans un moment de fatigue et patatra ! Oh non mais quelle plaie ! Ils ont besoin aussi de pondre des chansons pareilles ?

Renaud Mistral

*Mistral gagnant (Renaud). Autre poète dans son genre, autre chanson qui fait pleurer. Je crois que c’est la nostalgie, la conscience du temps qui passe et de tout ce qu’il emporte avec lui qui me touche à chaque fois. Quand il atteint cette partie : « et entendre ton rire, comme on entend la mer, s’arrêter, repartir en arrière », si je ne pleurais pas déjà avant, c’est à ce moment-là que je craque forcément. Renaud, ça se fait pas !

La musique n’est pas la seule à donner de bons résultats lacrymaux. Certains films, clips, même des publicités, garantissent des fuites oculaires pas très sexy, voire inavouables. Mais je vais t’en parler quand même. Toute honte bue, j’admets que le spot de la Croix rouge catalane appelé El Chupete (La tétine) me tire des larmes à chaque fois. C’est une copine qui me l’a montré (la bourrique !) et même si sa découverte est récente, ça marche du tonnerre !

Dans les années 80, une palanquée de films avait un fort potentiel lacrymal, surtout pour une gamine. Le hic, c’est quand tu connais le film par cœur et que, à bientôt 35 ans, ça marche encore à tous les coups. Exemple : Artax, le cheval d’Atreyu dans L’Histoire sans Fin, j’ai beau savoir qu’il revient à la fin, qu’il n’est pas vraiment mort et tout… rien à faire, on ouvre le robinet. Et Antartica ? Tu l’as vu ce film ? C’est pas horrible le sort de ces magnifiques chiens de traîneau ? Là encore, tu peux être sûr(e) que le paquet de kleenex va y passer. Et ne parlons même pas de Cisco et Chaussette dans Danse avec les Loups ! Plus récent mais tout aussi efficace : Là-haut, des studios Pixar, avec ces 8 premières minutes insoutenables de joie et de tristesse. On résiste, on se dit : « ce coup-ci, je ne craquerai pas ! », et bien sûr on chiale comme un gosse.

Dans ces différents exemples, les pleurs viennent d’un profond sentiment de tristesse. Mais parfois, SDQ oblige, tu pleures parce que c’est juste trop beau, que ça te réconcilie avec la terre entière. Exemple : ce passage du Fabuleux destin d’Amélie Poulain où Dominique Bredoteau découvre, dans une cabine téléphonique, la boîte contenant tous ses souvenirs, puis le moment où il croise Amélie dans ce bar, eh bah je pleure à chaque fois… et j’ai dû voir ce film au moins 10 fois ! Hyper récent mais hyper efficace : La Luna, un court-métrage dans les bonus du DVD de Rebelle, par les studios Pixar (décidément). La fin est tellement magique, que je tape des mains et je pleure comme une enfant ! Magique, qu’on te dit !

Et puis il y a les aberrations. Les trucs qui font pleurer tout le monde (ou presque) sauf moi. Tu y es allé(e) de ta larmichette quand la maman de Bambi est morte, ou quand Mufasa finit sous les sabots d’une horde d’antilopes affolées dans Le Roi Lion ? Et ben pas moi. Tu as pleuré à chaudes larmes la mort de Leonardo di Carpaccio dans Titanic ? Moi pas. Bon, faut dire que j’en pouvais plus de ce film, de ce personnage, et que j’ai limite applaudi à la fin.

Passons à des choses plus gaies : les films qui te font rire aux larmes, quel que soit le nombre de visionnages. Ils sont peu nombreux, heureusement, mais alors des valeurs ultra-sûres. J’en compte 3 sur le moment, mais il y en a d’autres, pas revus depuis longtemps. Ces films sont tous en Anglais, et il vaut vraiment mieux les voir en VO, même si on ne maîtrise pas la langue.

Holy Grail coconuts

*Sacré Graal (Monty Python). Alors celui-là ! La Rolls de l’humour anglais ! Dès le générique, je suis pliée de rire, au point qu’au bout de 30 secondes, j’avais déjà failli me faire sortir de la projo au Champollion voici des années, quand ils avaient sorti le director’s cut (24 secondes !) Quiconque n’a pas failli se faire pipi dessus avec le coup des noix de coco ou du procès de la sorcière devrait consulter dare dare.

Kung Pow

*Kung Pow (Steve Oedekerke). OMG, ce film ! Tu veux de l’absurde ? Fonce dessus ! Oedekerke, qui réalise et tient le rôle principal, a racheté les droits d’un film de kung fu chinois des années 60, une sorte de Bruce Lee de série B. Avec les technologies modernes, il s’est incrusté dans le film, a rajouté des scènes et complètement modifié le scénario. Le résultat est hilarant, débile, bluffant et à pleurer de rire. Dès les premières minutes, c’est foutu. Tu as peut-être déjà vu la scène où il se bat contre une vache en images de synthèse dans une parodie de Matrix, avec « effet Smirnoff » et compagnie. Elle avait fait le buzz en son temps, avait même obtenu un passage aux Enfants de la Télé. Du très lourd.

Hot Fuzz

*Hot Fuzz (Simon Pegg et Nick Frost). J’avais bien ri avec Shaun of the Dead, déjà réalisé par Edgar Wright et avec les comparses Pegg&Frost, qu’on a retrouvés plus tard dans Paul. Je ne suis pas branchée zombies, donc pas non plus adoré cette première collaboration. Mais Hot Fuzz, parodie assumée, revendiquée même, de films d’action, c’est du caviar. Tout le film est drôle, 2e degré et absurde (de l’humour anglais, encore), mais les 20 dernières minutes sont un tel freestyle, que tu chiales devant ton écran, que tu n’arrives plus à reprendre ta respiration… À chaque fois que je le vois (genre 1 fois par an), c’est pareil. Je pleure de rire, je n’en peux plus, alors que je connais tout le scénario par cœur.

Et j’en viens à la conclusion de ce billet : si une œuvre provoque inlassablement les mêmes émotions (joie, tristesse, mélancolie, nostalgie, colère), avec la même intensité qu’à la première écoute ou projection, cela montre sans aucun doute sa qualité. Cela montre aussi qu’elle appuie sur tous les bons boutons, et qu’il faut peut-être creuser pour comprendre ce qui résonne tellement en toi. Pour qu’elle conserve sa magie, il ne faut bien sûr pas en abuser, mais en faire une sorte de grigri. Les œuvres joyeuses ? Fais-en un doudou quand tu es triste. Les œuvres tristes ? Une excuse toute trouvée quand tu as besoin de chialer un bon coup et de t’apitoyer un peu sur ton sort.

Et puis pour le sublime (comme la N°9), un instant de grâce suspendu où tout est perfection en ce monde.

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  1. Ernest et Célestine, Pi, Le Hobbit, Jack Reacher, Hushpuppy et Eminem « L'Orpailleuse de Paname - 9 janvier 2013

    […] acteurs préférés. Martin Freeman, découvert dans des rôles secondaires dans Love Actually et Hot Fuzz, puis adoré en auto-stoppeur galactique complètement ahuri dans H2G2 et en méchant vicieux mais […]

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